- TEMOIGNAGE
- avril 30, 2026 - mai 1, 2026
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« Pour produire les briquettes, je n’ai pas besoin de dépenser beaucoup d’argent. Au contraire, j’en économise »
Je suis mère de huit enfants et de trois petits-fils, je vis avec mon mari ici à Kavumu/Kabare.
Avant ce projet Femmes en Action, je faisais les travaux champêtres et j’étais également membre d’une association qui encourage les efforts des femmes dans des activités génératrices de revenus. La vie quotidienne d’ici chez nous est tournée vers l’agriculture ou l’élevage. Et en matière d’agriculture, j’étais vraiment ignorante car ma manière de cultiver était différente de ce que le projet Femmes en Action est venu nous apprendre.
À mon âge, je n’avais aucune connaissance sur la protection de l’environnement, moins encore sur le changement climatique. Quand le projet Femmes en Action est arrivé avec Diobass, nous nous sommes rendu compte que nous avions déjà détruit beaucoup de choses. Je cultivais la terre comme bon me semblait. Je ne savais pas comment faire les engrais et j’ai détruit la terre par manque de connaissances. Je ramassais des déchets par-ci par-là et je jetais tout dans mon champ, croyant que cela servirait d’engrais.
grâce à ce projet, en ces jours, je produis des briquettes que je fabrique à l’aide des déchets que je ramasse. Et c’est étonnant car c’est des déchets qui auparavant ne m’intéressaient pas. Mais qu’aujourd’hui, je les vois avec un autre regard car cela me sert tout en contribuant à la protection de l’environnement. Il s’agit par exemple des bouteilles en plastique, des sachets. Nous trouvons aussi les feuilles d’haricot et même celles des bananiers ainsi que les déchets de la canne à sucre. Bref, tout ce qui peut être décomposable et dégradable, je ramasse et j’utilise plus tard comme engrais dans mon champ. Et les plastiques, je mets de côté pour ne pas abimer le sol. Mais aussi, avec les restes ou déchets des charbons et tout ce qui est dégradable, je procède au mélange pour produire ce qu’on nous a appris : les briquettes.
Pour produire les briquettes, je n’ai pas besoin de dépenser beaucoup d’argent. Au contraire, j’en économise. Quand j’achète par exemple les braises de 1000 FC, je prends 3 ou 4 briquettes et je les ajoute sur le brasero. De cette manière, j’économise mes braises. Sur un montant de 5000 FC, au lieu d’utiliser la totalité de l’argent dans l’achat des braises, je mélange avec les briquettes et j’économise 2000 FC, voire même 3000 FC. Avec mes économies, je fais des provisions et je prévois même de renforcer mon capital dans une AGR.
Il m’arrive aussi de vendre les briquettes que je fabrique et l’argent que je gagne, je l’épargne. Sur ce point, mon mari est content car je contribue à la prise en charge scolaire de nos enfants et petits-enfants. Et grâce aux produits de mon champ avec les engrais biodégradables que j’utilise, la récolte est grande. Ce qui m’aide également à acheter à manger dans ma maison même quand mon mari n’a rien laissé comme frais de ration alimentaire. Mon projet aujourd’hui est de m’acheter une chèvre qui pourra m’aider aussi d’une manière ou d’une autre.
Avec mon âge qui avance, c’est vraiment une grâce de bénéficier d’un tel projet. C’est une nouveauté pour moi mais je ne me gêne pas et ne me fatigue pas non plus. Au contraire, je profite au maximum de la connaissance que Femmes en Action me donne.
Et quand mes petits-enfants nous disent que la protection de l’environnement est une affaire de tous, je comprends à présent. Avec mon âge, je sais que demain ou après-demain Dieu peut me rappeler auprès de lui. Mais mon bonheur est que mes petits-enfants grandissent et vivent dans un environnement sain auquel j’ai contribué. C’est ça mon plus grand bonheur.
J’ai mis au monde plus d’enfants filles que de garçons. Dans notre société et surtout dans ma communauté, au-delà des études, une fille doit avoir une AGR si elle veut être respectée et même trouver un mari. C’est pourquoi je m’active aussi à relayer la connaissance que Diobass, à travers le projet Femmes en action, avenir, me donne gratuitement à mes filles. De cette manière j’assure leur avenir.
Chaque femme bénéficiaire du projet Femmes en Action est en train de sensibiliser son entourage à l’importance des briquettes. Nous sommes en train de nous perfectionner en travaillant parce qu’on dit qu’il faut avoir la patience pour gagner.
Avec la formation reçue avec Diobass, nous avons compris que beaucoup de gens n’étaient pas informés. Avec les déchets non dégradables, nous les gardons en grande quantité car c’est notre richesse. Nous allons les recycler pour en faire des sacs ou des paniers. Nous ferons le marketing afin que ceux-là qui ont l’argent viennent en acheter. La population qui vit dans la cité a déjà souffert avec les déchets, alors notre rôle est de leur montrer l’utilité de ces déchets dans la protection de l’environnement.
Les difficultés que nous avons encore, c’est d’obtenir l’argile, qui est un élément aussi important dans le processus de fabrication des briquettes. Mais je sais que cette difficulté-là sera aussi vaincue car la femme est capable de tout avoir si elle se décide.
Propos recueillis par Lydie Waridi Kone
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